Blog · Prévention des risques professionnels

Prévention des TMS en entreprise : le guide complet pour les responsables QHSE

Les troubles musculo-squelettiques représentent désormais près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en France. Pour les responsables QHSE, prévention et DRH, agir n'est plus une option — c'est une obligation réglementaire doublée d'un enjeu économique majeur. Ce guide détaille le cadre, les chiffres 2024 actualisés, et un plan d'action concret en cinq étapes.

Qu'est-ce qu'un TMS ? Définition et pathologies concernées

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) regroupent un ensemble d'affections touchant les tissus mous situés autour des articulations : muscles, tendons, nerfs, vaisseaux sanguins, ligaments. Ils résultent d'un déséquilibre entre les sollicitations biomécaniques subies par le corps et les capacités physiologiques de récupération du salarié.

En France, les TMS sont principalement reconnus au titre du tableau 57 du régime général de la Sécurité sociale, qui couvre les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. D'autres tableaux interviennent : le tableau 69 (vibrations main-bras), le tableau 79 (lésions chroniques du ménisque) et les tableaux 97 et 98 pour les lombalgies d'origine professionnelle.

Les pathologies les plus fréquentes

Sept pathologies concentrent l'essentiel des TMS reconnus en milieu professionnel :

  • Le syndrome du canal carpien — compression du nerf médian au poignet, fréquent dans les métiers de l'industrie et de la grande distribution.
  • Les tendinopathies de l'épaule — coiffe des rotateurs, particulièrement présentes dans le BTP et la logistique.
  • Les épicondylites — atteinte des tendons du coude, classique dans les gestes répétitifs.
  • Les lombalgies chroniques — touchant la colonne vertébrale, souvent liées au port de charges et à la station debout prolongée.
  • Les tendinites du genou — fréquentes chez les opérateurs travaillant en accroupi ou agenouillé.
  • Les fasciites plantaires et tendinites achilléennes — pathologies du membre inférieur souvent sous-estimées.
  • Les cervicalgies professionnelles — liées aux postures contraintes prolongées.
À retenir. Les TMS ne sont pas un phénomène individuel mais une pathologie multifactorielle dont la cause principale est l'organisation du travail. Les considérer comme un problème personnel du salarié est l'erreur la plus coûteuse pour une entreprise.

Les chiffres TMS 2024 : une progression continue

Le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie — Risques professionnels, publié en novembre 2025, dresse un constat sans appel. Avec 50 598 maladies professionnelles reconnues en 2024, soit une hausse de 6,7 % en un an, la France enregistre le retour aux niveaux pré-Covid. Et dans cette progression, les TMS sont écrasants.

Les TMS représentent près de 90 % des maladies professionnelles

Sur l'ensemble des maladies professionnelles indemnisées en 2024, les troubles musculo-squelettiques constituent près de 9 cas sur 10. Le taux de croissance des TMS en 2024 est de 6,6 %, comparable à la hausse globale des maladies professionnelles. Cette tendance n'est pas conjoncturelle : elle traduit une exposition chronique persistante dans de nombreux secteurs, malgré les politiques de prévention engagées depuis vingt ans.

Un coût économique et social considérable

Les conséquences pour les entreprises ne sont pas négligeables. Selon l'INRS, les TMS des membres supérieurs et inférieurs indemnisés ont entraîné, sur une année récente, la perte de plus de 11 millions de journées de travail et un milliard d'euros de frais couverts par les cotisations des entreprises du régime général. À l'échelle de la branche AT/MP, l'ensemble des accidents et maladies professionnels a généré plus de 78 millions de journées non travaillées en 2024 — soit l'équivalent de près de 334 000 emplois à temps plein.

Les secteurs les plus exposés

Les TMS touchent tous les secteurs, mais certains concentrent une majorité des cas reconnus :

  • L'agroalimentaire et la transformation des viandes
  • La métallurgie et la construction automobile
  • Le BTP — qui supporte d'ailleurs le taux de cotisation AT/MP maximal (4,03 %)
  • Le transport et la logistique
  • La propreté et les services à la personne
  • Les activités d'aide et de soin à la personne

Tous ces secteurs ont en commun une caractéristique : la station debout prolongée, souvent associée au port de chaussures de sécurité. Or les pieds sont le point d'appui de toute la chaîne posturale. Ce que beaucoup d'employeurs ignorent, c'est que la qualité de l'interface pied-chaussure conditionne directement la fatigue musculaire, la posture lombaire et donc le risque de TMS.

Vos obligations légales en tant qu'employeur

Le Code du travail impose à l'employeur une obligation générale de sécurité (article L. 4121-1) : il doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Cette obligation se traduit par plusieurs exigences précises en matière de TMS.

Le Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER)

Document fondamental, le DUER doit identifier et évaluer l'ensemble des risques professionnels présents dans l'entreprise — y compris les risques de TMS. Il doit être mis à jour au moins une fois par an et après chaque modification importante des conditions de travail. Pour les TMS, l'évaluation doit prendre en compte : la durée d'exposition, la fréquence des gestes, l'amplitude des mouvements, les charges manipulées, les contraintes posturales et environnementales.

Les Équipements de Protection Individuelle (EPI)

L'article R. 4321-4 du Code du travail impose à l'employeur de mettre à disposition des EPI appropriés aux risques. Pour les chaussures de sécurité, la norme de référence est EN ISO 20345, qui définit les exigences fondamentales : résistance de l'embout, propriétés antistatiques, résistance au glissement, isolation. Mais cette obligation va au-delà de la simple conformité : l'EPI doit aussi être adapté au salarié, à son morphotype et à son poste.

Une chaussure de sécurité conforme mais inconfortable peut créer le paradoxe d'une non-utilisation effective : c'est le constat que font de plus en plus d'audits QHSE. La directive sur les EPI précise d'ailleurs que l'employeur doit veiller à ce que les équipements soient « adaptés » et « confortables » — formulations qui ouvrent la voie à des solutions de personnalisation comme les semelles intérieures sur-mesure.

Le rôle du médecin du travail et du CSE

Le médecin du travail joue un rôle central dans la prévention des TMS : il peut formuler des préconisations d'aménagement de poste, prescrire des restrictions médicales et surtout, signaler les expositions à risque. Le Comité Social et Économique (CSE), via sa Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) lorsqu'elle existe, est consulté sur toute mesure de prévention et peut alerter sur des situations à risque.

Les facteurs de risque à identifier

L'évaluation des risques TMS repose sur l'identification de plusieurs familles de facteurs. Une démarche QHSE rigoureuse les examine systématiquement, sans en privilégier un seul.

Les facteurs biomécaniques

  • Les efforts excessifs — port de charges supérieures aux capacités, manipulations répétées d'objets lourds.
  • La répétitivité des gestes — gestes identiques effectués à haute fréquence sans temps de récupération.
  • Les postures contraignantes — flexions, rotations, bras au-dessus des épaules, torsions du tronc.
  • La station debout prolongée — facteur souvent sous-estimé, pourtant fortement corrélé aux lombalgies et aux pathologies du membre inférieur.
  • Les chocs et vibrations — transmis par les outils mécaniques ou par la marche sur sols durs.

Les facteurs environnementaux

  • Le froid — qui réduit la souplesse musculaire et augmente la rigidité articulaire.
  • L'humidité — facteur aggravant des pathologies inflammatoires.
  • Le bruit — qui contribue à la fatigue générale et altère la concentration.
  • L'éclairage insuffisant — qui force des postures de compensation.
  • Les sols durs ou glissants — qui imposent des micro-corrections posturales permanentes.

Les facteurs organisationnels et psychosociaux

Les facteurs organisationnels sont souvent les déterminants les plus puissants des TMS. Ils incluent l'intensité du travail, l'absence d'autonomie, le manque de pauses, la pression temporelle, les exigences psychologiques et émotionnelles. Plusieurs études INRS ont démontré que pour une exposition biomécanique équivalente, le risque de TMS varie significativement selon le niveau de stress et de soutien social au travail.

Le piège classique. Beaucoup d'entreprises se concentrent uniquement sur les facteurs biomécaniques (ergonomie du poste) en oubliant les facteurs organisationnels. Une chaussure de sécurité parfaite ne compensera jamais une cadence intenable.

Plan d'action en 5 étapes pour réduire les TMS

Un plan de prévention efficace ne se limite pas à acheter des EPI. Il s'inscrit dans une démarche structurée que les responsables QHSE peuvent piloter en cinq étapes.

Étape 1 — Diagnostic terrain et cartographie des risques

Cette première phase combine analyse documentaire (registre des AT/MP, déclarations, fiches d'inaptitude, taux d'absentéisme par poste) et observations directes. Pour les TMS, les outils classiques sont la grille RULA (Rapid Upper Limb Assessment), la méthode OREGE de l'INRS pour les TMS du membre supérieur, et la cotation OWAS pour l'ensemble du corps. L'objectif : cartographier les postes par niveau de risque et hiérarchiser les actions.

Étape 2 — Concertation avec les salariés

Aucune démarche de prévention TMS ne réussit sans les opérateurs. Ce sont eux qui détectent en premier les douleurs émergentes, les positions contraignantes, les défauts d'équipement. Organisez des entretiens collectifs ou individuels, déployez un questionnaire de ressenti, mobilisez les délégués CSE. Les remontées terrain sont la meilleure source d'identification des risques émergents.

Étape 3 — Élaboration du plan d'action

Le plan d'action doit être hiérarchisé selon les neuf principes généraux de prévention de l'article L. 4121-2. La règle est claire : on commence par éviter le risque (suppression), puis on l'évalue, puis on le combat à la source. Les EPI viennent en dernier recours, lorsque les autres mesures n'ont pas permis de supprimer ou de réduire suffisamment le risque. Mais ce dernier recours est aussi celui dont l'effet est le plus immédiat et le plus mesurable.

Étape 4 — Mise en œuvre et formation

La mise en œuvre combine plusieurs leviers : aménagement des postes, rotation des tâches, ajustement des cadences, formation aux gestes et postures, équipements ergonomiques. Pour les EPI, l'enjeu est double : choisir des équipements adaptés et obtenir leur acceptation par les opérateurs. C'est ici que la personnalisation joue un rôle décisif : un EPI adapté au pied du salarié est porté ; un EPI inconfortable est contourné.

Étape 5 — Suivi des indicateurs et amélioration continue

Sans indicateurs, pas d'évaluation. Suivez sur 12 à 24 mois : le taux de fréquence et de gravité des AT, le nombre de MP déclarées, le taux d'absentéisme par poste, le turnover, le ressenti des opérateurs (enquêtes périodiques), le nombre de visites chez le médecin du travail. La démarche de prévention TMS se juge sur le moyen terme — les premiers effets mesurables apparaissent généralement entre 9 et 18 mois après la mise en œuvre.

Les leviers concrets pour les postes en station debout

Pour les opérateurs en station debout prolongée — agroalimentaire, logistique, industrie, BTP, propreté — plusieurs leviers ont démontré leur efficacité. Aucun n'est suffisant à lui seul. Leur combinaison est ce qui produit les résultats.

Aménagement du poste de travail

Hauteur de travail ajustable, repose-pied alterné, espace de circulation suffisant, sol amortissant ou tapis anti-fatigue dans les zones où les opérateurs restent statiques. L'objectif est de permettre des micro-mouvements et d'éviter les positions fixes prolongées qui sollicitent toujours les mêmes groupes musculaires.

Organisation du travail

Rotation des tâches entre postes, pauses régulières (idéalement 5 à 10 minutes toutes les heures sur les postes à forte sollicitation), alternance station debout / station assise quand le poste le permet. Ces leviers organisationnels coûtent peu et produisent des résultats rapides.

Équipement individuel adapté

C'est le levier le plus rapide à activer et le plus mesurable. Les chaussures de sécurité doivent être choisies en fonction du poste (S1, S1P, S2, S3, S5 selon les contraintes) mais aussi en fonction de la morphologie du salarié. Or les chaussures de sécurité sont, par définition, des produits standardisés conçus pour s'adapter à un pied moyen — qui n'existe pas réellement. C'est pourquoi la semelle intérieure personnalisée joue un rôle de plus en plus reconnu dans la prévention des TMS du membre inférieur et des lombalgies.

La place des semelles personnalisées

Une semelle intérieure adaptée à la morphologie du pied permet de répartir uniformément les pressions plantaires, d'amortir les chocs liés à la marche sur sol dur, et de corriger les défauts posturaux qui se transmettent à toute la chaîne ascendante : cheville, genou, hanche, lombaires. Pour les opérateurs en chaussures de sécurité, deux types de réponses existent :

Point de vigilance crucial : insérer une semelle non testée dans une chaussure de sécurité peut compromettre la conformité de l'EPI à la norme EN ISO 20345 — notamment sur les propriétés antistatiques, la conductivité ESD ou le dégagement de l'embout de protection. Ce point fait l'objet d'un article dédié : semelles orthopédiques en chaussures de sécurité : pourquoi celles de votre podologue posent un problème de conformité.

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Holistep fabrique des semelles intérieures personnalisées spécifiquement conçues pour les chaussures de sécurité. Nos matériaux sont testés en laboratoire officiel pour garantir la compatibilité avec la norme EN ISO 20345.

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En conclusion

Les TMS ne sont pas une fatalité. Avec près de 90 % des maladies professionnelles reconnues en 2024 et plus de 11 millions de journées perdues, ils représentent à la fois un drame humain et un coût économique majeur — mais aussi un terrain où l'action des responsables QHSE peut produire des résultats tangibles. La méthode est connue : diagnostic, concertation, plan d'action hiérarchisé, mise en œuvre, suivi. Les leviers sont multiples : organisation du travail, aménagement des postes, équipements adaptés.

Pour les milliers d'entreprises dont les opérateurs travaillent en chaussures de sécurité, la qualité de l'interface pied-chaussure est l'un des leviers les plus immédiats et les mieux mesurables. Encore faut-il que les solutions retenues respectent strictement la conformité EN ISO 20345 — et c'est précisément ce que Holistep s'attache à garantir.

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